Transport d’électricité au Brésil : une révolution discrète à suivre de près

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Business France organise du 18 au 21 septembre 2017 une mission d’entreprises entièrement consacrée au marché brésilien du transport et de la distribution, à l’occasion de la Latin American Utility Week.

    Résumé

    Le 7 mars 2017, le gouvernement brésilien a annoncé une nouvelle série de 55 projets de concessions d’infrastructures dans le cadre de son programme national d’investissements (PPI). On compte, parmi eux, 35 concessions de lignes de transport d’électricité. Fort attendus par le marché, ces projets seront attribuées, comme le veut la règle, dans le cadre d’enchères que l’ANEEL a fixées au 24 avril. En cumulé, ils représentent 7400 km de lignes sur 20 Etats différents, et l’investissement total prévu dépasse les 13 Mds BRL (4 Mds €).

    Le marché brésilien du transport d’électricité voit enfin le bout du tunnel. Entre 2012 et 2015, des appels d’offres peu attractifs se sont soldés par la non-attribution de nombreux lots, traduite aujourd’hui par d’immenses lacunes en matière d’infrastructure. Une réforme du gouvernement en 2016 toutefois, qui a amélioré les taux de retours sur investissements dans le cadre des appels d’offres publics, a été couronnée de succès : les enchères d’octobre 2016, portant sur environ 6000 km de lignes, a vu l’attribution de la quasi-totalité de ses 24 lots pour un total de 12 Mds BRL (3,6 Mds €).

    Mais en toile de fond s'opère une mutation du secteur plus importante encore. Le retrait d’Eletrobras, acteur historique du secteur trop endetté pour s’engouffrer dans de nouveaux projets, comme celui d’autres entreprises publiques ou d’Abengoa, ont laissé le champ libre aux challengers nationaux et étrangers. Fonds d’investissements, constructeurs ou énergéticiens, ces entreprises voient d’un bon œil le nouveau cadre réglementaire brésilien et entendent tirer leur épingle du jeu des appels d'offres à venir. La BNDES a, depuis la fin d’année 2016, réduit le champ de son intervention dans le secteur (financement au taux de marché et non plus à taux bonifié), ce qui favorise le recours au capital propre et aux financements venus de l’étranger.

    C’est ainsi que certains acteurs, comme CTEEP (contrôlée par la colombienne ISA), déjà fortement présente au Brésil, Alupar ou TAESA, ont fait leur retour dans l’arène. Entrés sur le marché en 2016, les énergéticiens EDP et Equatorial Energia – grand vainqueur brésilien des enchères d’octobre – y ont de fortes ambitions, tout comme les fonds d'investissements Patria, BTG Pactual et Cymi, aussi lauréats l’an dernier. ENEL, sortie renforcée de son rachat de la CELG (compagnie publique du Goiás privatisée) en 2016, souhaite profiter du nouvel appel d’offres pour se lancer dans l'opération de lignes à haute tension. Le fonds canadien Brookfield fait de cette opportunité un axe majeur de son renforcement au Brésil. Côté français, Engie a déclaré elle aussi qu’elle participerait aux enchères, tandis que Vinci Energies avait annoncé l’an passé être à la recherche de partenaires.  

    Et ce n’est qu’un début. L’italienne Terna, sortie du Brésil en 2009, s’y est réimplantée en février dernier avec le rachat de deux projets en voie de finalisation. Sans oublier évidemment les compagnies chinoises : Shangai Electric est en négociations avec Eletrosul, filiale d’Eletrobras, pour acquérir une partie de ses lignes de transport et ainsi rejoindre State Grid, qui construit les lignes de Belo Monte.   Au vu des investissements colossaux, les uns et les autres devraient chercher des alliances pour solder leurs appétits.