Iran : Quelles priorités pour le Ministère de l'Energie et de l’Eau ?

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L’Iran est en stress hydrique : une centaine de villes sont menacées de pénurie d’eau. Neuf d’entre elles subissent fréquemment des coupures d’eau. Les autorités ont annonce que 14 Mds USD seront alloués pour des projets relatifs à l’eau.

    Résumé

    Le Ministère de l'Energie et de l’Eau est responsable de l'approvisionnement en eau, la distribution et la conservation. Le Ministère de la Santé et de l'Education médicale est en charge de la supervision et de contrôle de la qualité de l'eau potable, de sa source à des points de consommation.

    Autrefois perçue comme pionnier de la gestion durable de l'eau au Moyen-Orient, l’Iran fait aujourd’hui face à une grave crise de l’eau (assèchement des lacs et des rivières, diminution des ressources souterraines, contamination de l'eau, perturbations des réseaux de distribution, …). Malgré un système de gestion de l’eau avance par rapport aux pays de la région, l’Iran subit les premières conséquences des politiques de développement déconnectées des réalités environnementales.

    Sur les rivières iraniennes, les barrages sont construits les après les autres pour soutenir les activités agricoles, augmenter la production d'énergie, et assurer l'approvisionnement en eau des zones urbaines. Le pays dispose actuellement de 316 barrages et 132 sont en cours de construction. L'Iran occupe le troisième rang mondial en nombre de barrages en construction.

    Les eaux souterraines satisfont 55% de la demande faisant du pays l’un des principaux utilisateurs d'eau souterraine au monde. La diminution de la nappe phréatique est difficile à estimer mais souligne la consommation massive des réserves non-renouvelables. Cette surconsommation provoque des affaissements de terrain. La plaine de Téhéran est la région la plus marquée avec un affaissement annuel de 36 centimètres.

    En raison de normes strictes du traitement de l'eau, la qualité de l'approvisionnement domestique était historiquement l'une des meilleures de la région. Toutefois, les préoccupations concernant la qualité de l'eau dans les zones urbaines sont de plus en plus manifestes. Elles découlent de l’absence d'un système de collecte et de traitement des eaux usées approprié. Des études montrent la présence  de nitrates à des niveaux alarmants, notamment à Téhéran. Dans certaines régions, les habitants privilégient l'eau en bouteille, bien qu'il n'existe pas de normes de qualité.

    Les perturbations de l'approvisionnement et le rationnement sont de plus en plus communs dans les grandes métropoles pendant les périodes de sècheresse. Malgré cela, les Iraniens continuent d'utiliser plus de 250 litres d'eau par jour et par personne, la consommation quotidienne peut même dépasser 400 litres dans certaines zones urbaines. La consommation est deux fois plus élevée que la norme mondiale en dépit des ressources limitées. A cause des réseaux de distribution vieillissants, les pertes d'eau peuvent dépasser les 30%. Toutefois, les autorités privilégient encore aujourd’hui la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement plutôt que la modernisation des infrastructures.

    La crise de l'eau est le résultat de décennies de mauvaise gestion. Il est vrai que les sanctions internationales ont ralenti le processus de développement mais elles ne sont pas seules responsables. Le pays dispose de trois leviers d’action : la croissance rapide de la population et sa répartition ; les politiques agricoles ; et la gestion du développement urbain.